Décarbonation : entre startups et grands groupes, une histoire à écrire ensemble


Publié le: 19 janvier 2022 par Atos

À l’heure de la crise climatique, il est temps d’abandonner le greenwashing. Les actions engagées en faveur de la transition écologique dépassent le cadre politique et règlementaire et gagnent du terrain dans les stratégies des entreprises, qui n’hésitent pas à travailler main dans la main avec des startups. En ligne de mire : une accélération des efforts de décarbonation de leurs activités et de leurs offres clients, mais aussi un avantage compétitif indéniable…

 

Aujourd’hui, il semble que la croissance du chiffre d’affaires ne suffise plus à évaluer la performance d’une entreprise. Du moins à en croire Thomas Husson, VP du cabinet d'analyse Forrester, selon lequel « dans les années à venir, la durabilité deviendra une priorité absolue pour les PDG ». Et pour cause, affirme-t-il dans une récente publication, « leur capacité à transformer leur entreprise est essentielle pour survivre et tirer parti d'une nouvelle vague de perturbations commerciales ».

Responsable du programme Scaler, l'Accélérateur de startups au sein d'Atos, Isabelle Warnier confirme cette tendance visible dans les rapports d’activité : __ « Les entreprises et le marché sont attentifs à des indicateurs qui ne sont plus uniquement financiers, mais qui incluent également une dimension sociale et environnementale, observe-t-elle. Si les standards de l’économie durable ne sont pas encore établis, les choses bougent, les notations des agences ESG pèsent de plus en plus dans les décisions des acheteurs, des investisseurs et aussi des talents ! » Selon une enquête menée en 2019 par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie, l'environnement est en tête des préoccupations chez les 18-30 ans (32%).

Prendre l’élan de la French Tech

Les startups, c’est bien connu, ont souvent une longueur d’avance en matière d’innovation. L’écosystème français est particulièrement dynamique, surtout depuis que la French Tech s’est mise au vert : lancé fin 2020, le programme « French Tech Green20 » ambitionne de propulser 20 pépites de la transition écologique, de la production d’hydrogène vert (Lhyfe) à la production de polymère sans plastique (Lactips). « De plus en plus de fonds d’investissement tournés vers les startups à impact (social ou écologique) se montent », abonde Isabelle Warnier, à l’image du Franco-allemand Demeter qui a fait de la transition écologique sa spécialité. En France, citons également Lita.co qui propose des « offres d’investissement durables » avec un volet startup for good.

Les grands groupes de leur côté sont plus à même de réunir et d’orchestrer les écosystèmes où les innovations et les données sont partagées, via des plateformes de données numériques. L’intérêt pour les startups et les grandes entreprises de s’associer est donc multiple.

Accélérer la transition écologique

En 2016 déjà, d’après l’accélérateur mondial de startups Mass Challenge, sur les 500 plus grandes entreprises du monde, 53 % collaboraient avec des startups. « Ce phénomène n’est pas nouveau. Ce qui est plus récent, c’est la manière dont on mesure l’impact de ces collaborations, pointe Isabelle Warnier. En matière de reporting, les facteurs « people » et « planet » sont de plus en plus utilisés pour rendre compte de la création de valeur des grandes entreprises. En collaborant avec une startup, on va toucher à des dimensions non financières telles que la création de valeur au sein de nouvelles solutions conjointes de décarbonation ».

Du côté de Scaler, la moitié des 20 startups accompagnées sont dédiées à la décarbonation, ce qui permet à Atos d’enrichir ses offres existantes en proposant des cas d’usage concrets à destination des clients. Parmi la nouvelle vague de jeunes pousses intégrées l’été dernier : Circular Computing, qui fournit des ordinateurs portables reconditionnés certifiés neutres en carbone, Carbon Minds, un outil de mesure de l’analyse du cycle de vie de l’industrie chimique pour réduire l’impact environnemental de ce secteur, et Woop, une plateforme pour orchestrer la livraison du dernier kilomètre.

La stratégie est désormais répandue, notamment chez les grands industriels qui souhaitent mettre un coup d’accélérateur sur la décarbonation. Un exemple récent : Airbus Scale, la nouvelle entité dédiée à l’innovation dévoilée début novembre par l’avionneur. Son objectif : se rapprocher de startups aux technologies déjà matures pour s’attaquer entre autres aux enjeux de décarbonation du transport aérien. Lauréate du Village Awards 2021, la startup Green Phoenix, qui récupère les déchets organiques des Strasbourgeois, associée à Lingenheld Environnement et Electricité de Strasbourg, illustre également le potentiel de ces synergies fructueuses.

Suivre la logique d’écosystèmes

Réunissant Renault, Dassault Systèmes, Orange, Thalès, Atos et STMicroelectronics autour du développement des nouvelles mobilités, la Software République pousse la logique d’écosystèmes encore plus loin. Les enjeux de décarbonation y sont aussi un axe fort : en décembre dernier, son « Mobility 4.0 Challenge » a attribué son premier prix à la startup Wattpark, l’autoproclamé « Airbnb de la recharge électrique », permettant aux propriétaires d’une borne de recharge de la louer à des utilisateurs de véhicules électriques ou hybrides. Intégrées à cet écosystème, les startups récompensées auront un accès privilégié aux capacités de R&D des grands groupes ainsi qu’à leurs clients pour se développer éventuellement à l’international.

Pour Isabelle Warnier, les entreprises ont tout intérêt à miser sur cette capacité à créer des synergies entre différents types d'acteurs, et à « travailler en mode ouvert ». Tendance forte, « la plateformisation devrait permettre d’accélérer ces écosystèmes ouverts », prévoit-elle en évoquant les plateformes « as a service » (SaaS) comme Woop. « Le rôle des grands groupes qui investissent dans ces plateformes devrait permettre d'embarquer toutes ces startups en mode SaaS sur la décarbonation, que ce soit dans une logique de filière [à l’image de Software République qui se concentre sur le développement de logiciels dédiés à la mobilité, ndlr] ou même entre différentes filières. De nombreuses startups pourraient en effet s’adapter à plusieurs marchés avec des ajustements assez minimes pour développer et diversifier leurs solutions ».

Ainsi, selon le rapport de Forrester, The Future of Business is Sustainability, la révolution a commencé : nous voyons émerger une tendance qui entend dépasser l’analyse de la création de valeur pour l’actionnaire et étendre l’analyse de valeur pour un cercle plus grand, celui des parties prenantes shareholder to stakeholders. Isabelle conclut sur cette idée que « celui qui saura rassembler autour de lui les meilleurs talents, les startups les plus innovantes, des universitaires, des associations industrielles et organisations gouvernementales, des VCs, et qui saura opérer réellement de manière ouverte et agile avec toutes ces parties prenantes et ses clients sera le partenaire et leader idéal sur son marché. Et ceci est encore plus vrai avec un sujet aussi systémique que celui de la décarbonation ».

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