À quoi ça sert (encore) de travailler avec des startups ?


Publié le: 10 mars 2021 par Atos

Hier adulée, la figure de la startup fait aujourd’hui grincer de plus en plus de dents. Mais qu’on la trouve trop risquée, trop précaire, trop béate ou encore trop capitaliste, une chose est sûre : si toutes les startups ne se ressemblent pas, toutes semblent avoir un “je-ne-sais-quoi” qui affole les compteurs de l’économie, et permet d’ouvrir tout un champ des possibles. Décryptage. 

 

Startup Nation : stop ou encore ?

C’était en 2017, à l’occasion de la seconde édition du grand raout technologique VivaTech à Paris. Emmanuel Macron clamait haut et fort : « I want France to be a Startup Nation. (…) A nation that thinks and moves like a startup ». À l’époque, le startupisme fait encore carton plein. Mais depuis quelques mois voire années, le modèle a perdu de son innocence : des entreprises traditionnelles se font ubériser par des exploitants de travailleurs précaires, des effets de bulle à la WeWork font roder l’ombre d’une crise systémique et le mythe de la croissance façon « move fast and break things » du Facebook des débuts semble de plus en plus incompatible avec un monde aux ressources précieuses et limitées. 

Pourtant, si la culture startup ne fait plus recette, son modèle, lui, attire plus de clients que jamais. Sur la seule période 2020, pourtant marquée par une crise mondiale, la French Tech a enregistré une hausse de +7% en termes de levées de fonds (620 en tout sur l’année, pour un total de 5,4 milliards d’euros), devenant le premier écosystème de l’Union européenne en la matière. Côté emplois, le modèle emploierait un demi-million de personnes, et fournirait grâce à 9 levées de fonds sur 10, 10% des postes en CDI, d’après le directeur général de France Digital Nicolas Brien. 

Quid alors du mythe selon lequel « 9 startups sur 10 peinent à survivre à l'horizon des 5 ans » ? En fait, il semblerait que le basculement du modèle de la        « startup » (jeune pousse innovante) à celui de « scale-up » (société en hypercroissance) ait rebattu les cartes. Désormais plus facilement épaulées financièrement par de grands investisseurs, les startups parviennent mieux à franchir la « vallée de la mort », stade de développement crucial des débuts où tout peut rapidement capoter. 

Grand groupe - startup : un mariage toujours d’actualité

L’incubation, l’accélération ou les pépinières sont un moyen d’accompagner la création d’une jeune pousse d’entreprise. Ce phénomène a commencé à éclore dans les années 2000 et connaît un véritable essor ces dix dernières années. En effet, les jeunes pousses incubées sont généralement des startups, des nouvelles entreprises dont le business model repose sur internet ou les nouvelles technologies et dont la croissance ou le potentiel de croissance s’avère exponentiel.

Incubateur, accélérateur, pépinière, ou encore couveuse… Que choisir ? Les différents stades de développement des startups impliquent des types d’accompagnement différents, mais ces derniers dépendent également de la stratégie de la grande entreprise (développement d’une offre non existante, intérêt financier, etc.). Par ailleurs, avec la pandémie et la récession économique, les budgets sont encore plus serrés, d’où le besoin d’être encore plus agile. Grâce à leur taille et la souplesse de leurs process, les startups sont des alliées de choix avec qui développer des solutions qui répondent à des besoins immédiats, comme le click and collect pour les commerçants peu à l’aise avec le digital.

Certaines entreprises deviennent partenaires d’incubateurs ou d’accélérateurs existants (Zebox). Elles s’investissent auprès des startups aux technologies disruptives et encouragent la co-innovation pour catalyser la croissance des startups accompagnées. D’autres sont partenaires d’initiatives telles que Le Village by CA, écosystème où startups et grands groupes se rencontrent et coopèrent pour innover ensemble. Les grands groupes peuvent également envoyer des collaborateurs dans ces startups en immersion totale le temps d’une mission. D’autres, enfin, créent un incubateur de startups dans l’entreprise.

Du point de vue des startups, ce qui peut souvent leur manquer et qui peut être fourni par une grande entreprise, ce sont une vision concrète et stratégique, des moyens et des ressources pour mettre en place les projets ainsi que des process de pilotage et gestion de projet, sans oublier l’accès au marché et aux clients. Le financement peut également être une raison pour un rapprochement avec une grande entreprise et faire partie d’un écosystème grand groupe apporte aussi visibilité et crédibilité auprès des clients. « Sur le sujet de l’accompagnement de startups par de grandes entreprises, tout a été déjà tellement dit et redit. Dans ces programmes, il y a vraiment à boire et à manger », confirme Isabelle Warnier, responsable du programme d’accompagnement startups et PME Scaler au sein d’Atos. « Loin des simples coups de com, nous préférons proposer un accompagnement gagnant-gagnant sur le long terme. L’idée est de façonner une collaboration agile dans la durée, car les cycles de ventes sont longs et complexes. Il faut parfois du temps (jusqu’à 18 mois) pour qu’une offre rencontre son marché », précise Isabelle Warnier. Atos analyse la proposition de valeur de chaque startup sélectionnée, et sélectionne les startups qui lui permettent d’enrichir son offre client. En effet, plus qu’une offre sur mesure, l’offre conjointe permet d’anticiper les demandes clients et d’être proactif en matière d’innovation. 

Les raisons de la collaboration avec des startups sont ainsi multiples : réduire les temps d’innovation et se montrer plus agile que les concurrents, étendre le champ des compétences et des secteurs. « Atos investit 235 millions d’euros en recherche et développement par an en innovation, mais ne peut pas couvrir tous les domaines de la même façon, continue-t-elle. Nous priorisons donc les sujets, et pour ceux qui ne seront pas développés en interne, nous faisons appel à des sociétés spécialisées et innovantes qui répondent aux besoins que nos clients rencontrent aujourd’hui ». A titre d’exemple, la solution d’authentification multi-biométrique d’United Biometrics complète l’offre globale du Groupe et permet de proposer ce type de solutions dans des appels d’offre en cours.

Un matching dans lequel les startups ont aussi beaucoup à gagner, puisque Atos leur ouvre un réseau international de taille, talon d’achille des jeunes pépites françaises. « Scaler est donc un accélérateur de business à l’international pour les startups » conclut Isabelle Warnier.

Un atout sur le sujet de la décarbonation

Désignée comme l’ensemble des mesures et techniques mises en place en vue de limiter l’empreinte carbone d’une entreprise, d’un secteur d’activité, d’un pays ou d’une économie, la décarbonation est récemment devenue un des principaux objectifs des États et des entreprises. Appliquer cette nouvelle politique signifie pour les entreprises de baisser leur empreinte carbone en mettant fin aux activités fortement émettrices de CO2, en achetant des green bonds ou en investissant dans les énergies renouvelables. Une stratégie dans laquelle certaines startups ont des atouts à proposer.

Deux d’entre elles ont été spécialement sélectionnées pour leur impact direct sur la décarbonation. Il s’agit de la société française Greenspector, qui propose une solution visant à réduire l’empreinte environnementale des services digitaux, applications et site web, et complète ainsi l’offre Eco-Act d’Atos. L’autre startup est une jeune société berlinoise Plan A, qui a développé une solution permettant de collecter et mesurer les indicateurs carbone, tout en proposant des actions de réduction de l’empreinte carbone.

Le programme Scaler collabore également en open-innovation avec certaines startups pour développer des projets communs contribuant également à cette stratégie de décarbonation. DreamQuark et Atos ont ainsi lancé une offre commune à destination du secteur de la gestion de patrimoine pour aider les assureurs et banques à identifier les investisseurs les plus intéressés par de la gestion responsable et à recommander les actifs et les produits d'investissement les plus adaptés par rapport à leurs objectifs individuels.

« La décarbonation est un nouveau pilier de développement stratégique pour Atos, et si l’offre commerciale est déjà riche, d’autant plus depuis l’acquisition de Eco-act, les startups par leurs idées et leurs solutions innovantes nous aident à garder une longueur d’avance sur le sujet,   explique Isabelle Warnier. La même approche a été adoptée avec les deux startups internationales Sentient Science et Opinum, respectivement américaines et belges, qui ont collaboré avec Atos pour renforcer son accompagnement sur la transition énergétique et les énergies renouvelables. Sentient Science apporte de la valeur sur la maintenance prédictive des parcs éoliens offshore tandis qu’Opinum rassemble des données du secteur au sein d’un Data Hub pour soutenir à la fois les smart-grids et les smart-cities dans leur stratégie de transformation.

Ainsi, 60% des startups de l’accélérateur Scaler s’alignent sur un ou plusieurs des quatre piliers de la stratégie de décarbonation d’Atos - analyse des impacts environnementaux, green IT, IT for green et compensation carbone. De quoi confirmer, s’il le fallait encore, que sur les questions climatiques comme sur le reste, il est toujours nécessaire de s’épauler afin d’améliorer son expertise plus rapidement sur des sujets stratégiques et disruptifs.

Avec la pandémie mondiale et les plans de relance qui se mettent en place, il devient donc encore plus essentiel de travailler en écosystème entre grand groupe et startups, afin de construire ensemble une sortie de crise plus innovante et plus responsable. Les acteurs institutionnels, tels que les pouvoirs publics et les organisations privées de support à l’innovation et à l’économie, jouent d'ailleurs un rôle de plus en plus actif pour ouvrir des perspectives de croissance à leurs startups. Tirons donc le meilleur parti de l’écosystème pour le bénéfice de tous !

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