Dans les coulisses de ma série : le Covid-19 a-t-il rendu la production audiovisuelle plus verte ?


Publié le: 18 October 2021 par Atos

Suite à la pandémie de Covid-19 qui a mis de nombreuses productions à l’arrêt et en a conduit d’autres à une diffusion en mode dégradé, l’industrie des médias et du divertissement repart à plein régime. Or avant la pandémie, la production de contenus amorçait déjà sa mue, entre avancées technologiques, optimisation des coûts et réduction des émissions carbone. Tour d’horizon des adaptations liées au Covid-19 qui ont accéléré certaines tendances dans l’audiovisuel.

L’actu et le sport en direct

Si en France les présentateurs d’émissions ou de journaux télévisés sont restés en plateau, on se souvient des chroniqueurs, experts ou invités intervenant depuis leur foyer (le plus souvent devant une bibliothèque pleine de livres). Aux Etats-Unis ce sont des émissions entières qui ont reposé sur les épaules d’un « host » retranché chez lui, voire chez ses beaux-parents comme Seth Meyers. Du côté du sport, les équipes en déplacement ont été réduites à une utilisation plus poussée d’opérations centralisées. La Formule 1 a été la première production sportive à se déployer à distance à l'échelle mondiale, accélérant un projet à plus long terme pour répondre aux restrictions en matière de santé et de sécurité.

Techniquement, le passage des diffuseurs à la technologie IP (étape clé de la numérisation et du transfert de données) a été l’un des éléments permettant cette évolution - une enquête récente a révélé que 71 % des diffuseurs ont accéléré son adoption1. Dans le football par exemple, les équipes journalistiques et techniques peuvent couvrir un match à distance et, une fois celui-ci terminé, passer au prochain sans avoir à se déplacer. L'évolution de la production vers le cloud permet aux équipes distribuées de travailler avec souplesse en temps réel.

Les films, séries et contenus scriptés

A la fin des confinements, les films et la télévision sont entrés dans une nouvelle ère où la production virtuelle s’est accélérée grâce à la technologie et la nécessité de réunir moins de personnes sur les plateaux.

Au lieu de monter de grands plateaux ou de déplacer des équipes, les réalisateurs utilisent de plus en plus des images de synthèse (CGI) pour faire voyager l’audience n'importe où dans le monde (ou d’autres) depuis un studio. Cette technologie s'est perfectionnée pour le cinéma, notamment grâce à l’utilisation de plateformes et d'outils d’abord dédiés aux jeux vidéo. Là où auparavant les images étaient superposées sur un écran vert lors de la post-production, les acteurs jouent maintenant devant d'immenses fonds, créant ainsi des moyens de production plus rapides et plus simples. La série The Mandalorian, avec son écran LED de 6 mètres de haut et de 22 mètres de long incurvé à 270 degrés, en est le parfait exemple, recréant l’univers de Star Wars pour ses fans sans que personne n'ait besoin de mettre un pied dans le désert. Toute équipe de tournage peut désormais envoyer un drone pour « filmer » un lieu, recréé ensuite virtuellement en haute résolution et utilisé pour un tournage en studio.

Maintenir la dynamique

En une seule année, l’industrie des médias et du divertissement a mis en œuvre des changements qui auraient pris cinq ou dix ans pour se concrétiser. L'arrivée imminente de la 5G promet d’améliorer encore davantage la connectivité, en particulier dans des lieux comme les enceintes sportives.

Bien que ce type de production à distance demande de l'énergie pour la puissance de traitement et l’hébergement des données, les coûts financiers et environnementaux d'une équipe distribuée sont nettement moins élevés que ceux nécessaires pour déplacer des camions et des équipes sur chaque site. Les chiffres 2020 des émissions carbone, même s’ils ne sont pas encore disponibles, montreront sans aucun doute une réduction importante.

Mais le chemin est encore long vers le « Net Zero ». Si le secteur souhaite respecter les engagements de réduction d’émissions carbone pour 2023 et au-delà, il ne peut pas se reposer sur ses lauriers. Le défi qui se pose aujourd'hui consiste à intégrer les avancés des douze derniers mois, renforcer la transformation numérique, évaluer et accélérer.

Cependant, un rapport récent de la BBC a rappelé que le passage de la diffusion au streaming augmente en réalité l'empreinte carbone.2 L'utilisation en aval de la technologie du secteur des médias par ses distributeurs et ses consommateurs finaux est ainsi bien plus énergivore que l'empreinte carbone directe d'une entreprise de production. La priorité doit donc maintenant être mise sur l'optimisation de la consommation énergétique dans la diffusion et la consommation de médias et divertissements.

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[1] Broadcast IP Transformation Report 2021 (Rapport 2021 sur la transformation IP dans le milieu des diffusions), Haivision

[2] Using Behavioural Data to Assess the Environmental Impact of Electricity Consumption of Alternate Television Service Distribution Platforms, BBC, (Utilisation de données comportementales pour évaluer l'impact environnemental de la consommation d'électricité des autres plateformes de distribution de services de télévision), BBC, septembre 2020

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