Plateformes de données, l’autre enjeu de GAIA-X : 5 cas d’usage pour en comprendre les bénéfices


Publié le: 31 mars 2021 par Atos

GAIA-X est une initiative avant tout focalisée sur la donnée. L’ambition est de mettre à disposition des acteurs européens des services qui leur permettront d’utiliser et d’échanger de la donnée de manière sécurisée au sein d’écosystèmes par filière tout en garantissant l’interopérabilité et la portabilité de ces mêmes services.

 

En parallèle des travaux menés sur la définition des règles et standards d’architecture et après un colossal travail de mobilisation des écosystèmes et de lancement des data spaces par secteur, les membres du consortium GAIA-X ont enfin attaqué le second étage de la fusée : définir les cas d’usage structurants pour les filières, construire les feuilles de route et lancer les premiers prototypes. Quels résultats les plateformes de données peuvent-elles apporter dans des secteurs aussi variés que la finance, l’énergie, l’éducation, la mobilité, la santé, l’agriculture ou encore l’industrie ? Décryptage avec cinq plateformes de données existantes, issues d’horizons variés.

Mundi Web Services : tirer profit des données d’observation terrestre

Mettre les données de satellites européens au service de nouveaux business models, voilà l’objectif de Mundi Web Services. La plateforme permet aux entreprises de combiner leurs propres données avec celles du programme d’observation de la terre Copernicus et d’effectuer des calculs complexes sur celles-ci. Elle ouvre ainsi des opportunités aux acteurs du monde des assurances, de l’agriculture, ou encore de l’urbanisme, en leur permettant de développer des services customisés et de les commercialiser dans une marketplace.

Début 2020, Mundi Web Services a notamment aidé les agriculteurs dans leur lutte contre l’expansion du datura, une plante toxique qui contamine les champs de maïs et de haricots verts. Mundi accompagne également déjà le leader européen du pop-corn, Nataïs, dans la surveillance de ses récoltes.

Le consortium Mundi est composé d’acteurs du cloud sécurisé, de l’imagerie satellite et de l’observation terrestre - DLR, e-Geos, EOX, GAF, Sinergise, Spacemetric, Thales Alenia Space et T-Systems - et dirigé par Atos, au nom de la Commission Européenne et de l'ESA (Agence Spatiale Européenne).

Agdatahub : une plate-forme pour protéger et valoriser les données agricoles françaises

Membre Day One du consortium GAIA-X, l’entreprise Agdatahub regroupe plusieurs milliers d’acteurs du monde agricole européen, parmi lesquels des instituts techniques et agricoles, chambres d’agriculture, et structures privées. L’initiative vise à permettre aux acteurs du secteur de reprendre la main sur leurs gisements de données, et à s’appuyer sur ceux-ci pour développer de nouveaux services. Aujourd’hui, l’agriculture numérique représente en effet 2,5 milliards de milliards de données produites quotidiennement sur les exploitations agricoles. La plateforme vise à stocker ces données en un espace européen souverain où chacun peut échanger, sur la base du consentement, des données rendues exploitables et interopérables.

Agdatahub a été mis sur pied avec le concours de 3DS Outscale (stockage), Dawex (échange), Orange Business Service (blockchain et consentement), GS1 (standardisation), le consortium Numagri et API-Agro.

Artemis : la plateforme Big Data souveraine

Mettre le Big Data et l’Intelligence Artificielle (IA) au service de l’Armée française, tel est l’enjeu du projet Artemis (Architecture de Traitement et d’Exploitation Massive de l’Information multi-Sources). Lancé par la Direction générale de l’armement (DGA), il a pour objectif de doter le ministère des Armées d’une infrastructure souveraine de stockage et de traitement massif de données grâce à l’innovation des PME, des startups et des laboratoires qui travaillent sur les applications civiles de l’IA. A terme, l’écosystème Artemis favorisera l’émergence d’applications utilisant l’IA pour traiter massivement les données qui permettront aux militaires de se concentrer sur les informations essentielles afin de prendre les meilleures décisions rapidement. Six cas d’usage illustrent les nouvelles capacités issues des technologies du numérique dont les militaires profiteront : planification et maintenance prévisionnelle, partage et synthèse de connaissance, mobilité porteur, état de santé des personnels, traitement et croisement de données hétérogènes, analyse des réseaux.

Ekitia : un espace de confiance en devenir pour les acteurs économiques d’une région

Ekitia est un pôle régional de la donnée qui prend la forme d’un groupement d’intérêt public. L’initiative vise à organiser le partage et croisement de données avec éthique, transparence et confiance entre les différents acteurs de son territoire : entreprises privées et publiques, des collectivités, des acteurs académiques ou encore des clusters et des pôles de compétitivité. Le pôle travaille sur l’éthique et le juridique, les solutions techniques, les cas d’usage et les modèles économiques du partage de données entre acteurs.

Né en mars 2020, Ekitia est la mue de l’association Occitanie Data, dont l’objectif était de préfigurer le groupement d’intérêt public, notamment à travers l’établissement d’une charte éthique collaborative pour cadrer la tenue des échanges entre ses différents parties prenantes. D’ici fin 2021, l'initiative pourrait à nouveau évoluer pour devenir un label.

Malgré son ancrage local, Ekitia est une initiative trans-sectorielle et trans-territoriale. Elle rassemble plusieurs dizaines de membres publics comme privés - dont Atos.

Fiware : un cadre open source pour des territoires souverains

Fiware est une plateforme qui propose des composants open source et universels pour aider les acteurs européens à bâtir des services intelligents sans forcément dépendre des technologies américaines et chinoises pour les acteurs des territoires (municipalités, collectivités, entreprises privées, associations…). Elle centralise des données d’origine et de nature diverses (techniques, environnementales, etc.) et rend possible leur croisement dans le but de créer des services intelligents pour les mobilités et les collectivités. Pour contextualiser les données, Fiware utilise un module appelé “Orion Context Broker” qui permet d’analyser une situation donnée en fonction de plusieurs paramètres. Elle dépasse ainsi l’information générale - par exemple les horaires des transports en commun - pour proposer une information personnalisée et contextualisée - leur optimisation des trajets en fonction de la circulation.

Né en 2016, Fiware est un framework open source initié par l’Union européenne et encadré et animé par une fondation indépendante dont Atos est l’un des membres fondateurs. En hébergeant la technologie Fiware en conformité avec les réglementations européennes, Atos propose des solutions souveraines telles que l’Urban Data Platform au service des territoires.

En synthèse, ces quelques exemples nous montrent que la donnée a trop souvent été traitée comme un bien qu’il fallait thésauriser et protéger jalousement. Pour en tirer toute la valeur, nous devons passer à une ère d’équité de la donnée, où des écosystèmes de confiance de partage de données peuvent faire émerger de nouvelles sources de valeur. Les socles technologiques et les business models de ces écosystèmes doivent pleinement respecter les droits des propriétaires des données, et gérer tous les échanges et les circuits de monétisation de façon équitable et sécurisée. Si nous surmontons l’esprit de clocher et son inertie, nous devrions voir se former des communautés autour de la donnée au niveau sectoriel, national ou même international.

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