SIA et SIMA 2019 : les 3 tendances de l’agriculture numérique


Publié le: 21 février 2019 par Atos

En matière de digital, les deux salons agricoles de Paris ont mis en évidence une offre foisonnante, et une demande curieuse mais vigilante.

La présence conjointe de Didier Guillaume et Mounir Mahjoubi, respectivement ministre de l’Agriculture et secrétaire d’État chargé du Numérique, sur le stand de la Ferme digitale restera comme un des moments marquants de l’édition 2019 du Salon international de l’agriculture (SIA). L’un et l’autre l’ont affirmé de concert : l’avenir de l’agriculture passera par les nouvelles technologies. Elles seules, en effet, peuvent permettre au monde agricole de répondre efficacement et simultanément aux défis majeurs auxquels il est confronté : produire suffisamment pour nourrir une population croissante, respecter de stricts standards sanitaires, préserver l’environnement et, bien sûr, assurer un revenu décent aux agriculteurs eux-mêmes.

Le SIA et le SIMA (Mondial des fournisseurs de l’agriculture et de l’élevage), qui se tient en parallèle, ont mis en évidence quelques tendances clés de cette transformation digitale du secteur agricole.

1. Capteurs, drones, robots, satellite… : la donnée agricole se démultiplie

Que ce soit pour sélectionner les meilleures variétés, optimiser les intrants ou récolter au meilleur moment, la donnée est désormais au cœur d’un pilotage plus fin et moins empirique des exploitations. À l’image du précurseur John Deere, la plupart des fournisseurs traditionnels de matériel agricole opèrent ce virage. Que ce soit au travers d’acquisitions, de partenariats ou de développements internes, tous présentent désormais une activité numérique qui valorise sous forme de services les données, et notamment celles recueillies par leurs machines.

Aux côtés de ces grands acteurs, de très nombreuses startups développent des équipements innovants de collecte et/ou d’analyse de données : drones, robots, capteurs… auxquels il faut désormais ajouter le satellite. Spécialiste de l’analyse des données agricoles, la startup CybeleTech vient ainsi de s’associer à la plateforme d’observation de la Terre Mundi Web Services dans le but de développer de nouveaux services de suivi et d’optimisation des cultures.

2. L’essor de l’intelligence artificielle

Le monde agricole n’échappe pas à l’engouement actuel pour l’intelligence artificielle (IA). Lors du SIA et du SIMA, ont été présentés de nombreux cas d’usage fondés sur l’IA, par exemple pour gérer de façon prédictive les risques (maladies, intempéries…) et les opportunités (maturation, vente…). La startup drômoise Carbon Bee a, quant à elle, développé un outil capable d’identifier visuellement les adventices à la vitesse de roulement d’un tracteur et donc de pratiquer un désherbage sélectif sans perte de productivité.

Cependant, l’IA suscite aussi des interrogations. Pour les agriculteurs, il est hors de question de laisser la machine prendre le contrôle de leur exploitation. Pour eux, ces solutions à base d’IA doivent avant tout être des outils d’aide à la décision (OAD), qui facilitent leur travail au quotidien et améliorent le rapport qualité/coût de leur production. La technologie doit renforcer leur savoir-faire et en aucun cas s’y substituer.

3. L’exigence de la sécurité

Le développement tous azimuts de cette agriculture connectée s’accompagne de préoccupations grandissantes concernant la sécurité des systèmes et des données. Très sensibles à la sécurité sanitaire et au respect des bonnes pratiques en la matière, les agriculteurs ont pleinement conscience des risques que pourrait faire courir pour leur production – et pour les consommateurs – un système défaillant ou piraté. Par ailleurs, ils redoutent à bon droit d’être dépossédés de leurs données par de grands acteurs technologiques ou économiques ou, du moins, de ne pas en obtenir de leur part une juste rétribution. Instaurer un cadre de confiance pour les échanges de données agricoles entre ceux qui les produisent et ceux qui les valorisent est tout l’enjeu du projet Multipass, fondé sur la blockchain et porté par l’Acta – les instituts techniques agricoles.

Très intéressés par des solutions qui pourraient réellement améliorer leur métier et leur condition économique, les agriculteurs n’en sont pas moins vigilants face à des conditions d’utilisation, commerciales et juridiques parfois ambiguës. Pour que ces innovations digitales se généralisent dans les exploitations françaises, il appartient aux fournisseurs d’apporter les garanties suffisantes que les bénéfices de la donnée seront équitablement partagés.

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