Les Jeux Olympiques sont à l’avant-garde du digital


Publié le: 19 February 2018 par Fabrice Doreau

Depuis 1998, Atos est le partenaire informatique mondial des Jeux Olympiques, et fournit à ce titre des services d’intégration, de gestion de systèmes, de sécurité, d’hébergement ainsi que des applications essentielles au déroulement et à la diffusion de la compétition. Depuis toujours, les Jeux Olympiques mettent en œuvre les technologies les plus avancées de leur époque pour permettre au public d’être au plus près de l’événement et lui offrir des émotions uniques. C’est plus que jamais le cas avec le digital, qui redéfinit la façon dont sont organisés, consommés et valorisés les grands événements sportifs, comme le détaille Fabrice Doreau, Head of Strategy Sports & Entertainment chez Atos.

Les grands évènements multisports comme les Jeux Olympiques dépassent le cadre strictement sportif. Comment la transformation digitale contribue-t-elle à accroître leur impact sociétal ?

Comme on l’a vu de façon exemplaire lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de PyeongChang, où les deux Corée ont défilé sous le même drapeau, les grands évènements sportifs rapprochent les peuples et les cultures dans un esprit pacifique. En dehors des Jeux Olympiques, il existe de très nombreuses compétitions multisports, comme les Jeux Panaméricains ou les Jeux Asiatiques, qui portent au niveau continental ou régional les mêmes valeurs d’ouverture, de tolérance et de diversité. Et le digital favorise cette dynamique car il facilite la tenue de tels évènements. La généralisation du cloud, la centralisation de nos opérations dans un centre de contrôle mondial et une logique de réutilisabilité de nos solutions permettent en particulier de réduire significativement les coûts d’organisation, un point désormais essentiel pour le Comité International Olympique (CIO). En outre, le digital contribue directement à certains enjeux de société, comme la préservation de l’environnement, à travers la réduction de l’empreinte énergétique des infrastructures et de la consommation de papier.

L’organisation d’un grand évènement a également de nombreuses retombées pour le pays et la ville hôte. Les infrastructures numériques en font-elles désormais partie ?

Absolument. Même s’il est toujours très difficile d’estimer les retombées économiques globales des Jeux Olympiques, ils constituent à n’en pas douter un formidable accélérateur de développement car ils fédèrent et mobilisent toutes les énergies. En huit ans, de la désignation de la ville hôte à l’ouverture de la compétition, s’accomplit ce qui aurait souvent pris des décennies. On voit naître des secteurs économiques tout entiers, comme celui des sports d’hiver quasiment inexistants en Chine avant la désignation de Pékin pour accueillir les Jeux Olympiques d’hiver 2022 et qui pourraient à terme y compter 300 millions d’adeptes. On voit des quartiers entièrement réhabilités et redynamisés, comme celui de Stratford dans l’est londonien. La ville se dote d’infrastructures sportives, bien sûr, mais aussi de transport, d’hébergement, de télécommunications… En 2012, le Royaume-Uni a abandonné la diffusion hertzienne pour le numérique. En 2020, les Jeux Olympiques de Tokyo verront l’avènement de la télévision 8K. Et en 2024, les Jeux Olympiques de Paris seront ceux de la Smart City, une ville connectée, durable et intelligente, pilotée par les données, dont les infrastructures et les équipements communiqueront pour faciliter les déplacements et renforcer la sécurité de la population et des visiteurs. Ce sera l’un des legs des Jeux aux Parisiens.

Points de convergence du public, les enceintes sportives sont au cœur de cette Smart City olympique, mais leur dimension technologique ne contribue-t-elle pas aussi désormais à l’équation économique de l’évènement ?   

C’est en effet une question qui revêt de plus en plus d’importance dans le monde du sport en général : comment utiliser la technologie pour, d’une part, rendre l’expérience du stade plus attractive et accroître la fréquentation et, d’autre part, proposer de nouveaux services qui vont augmenter les revenus le jour du match ? Outre leur architecture qui optimise la répartition des publics et la fluidité des flux, les nouveaux smart stadiums offrent une connectivité qui permet de développer toutes sortes de services personnalisés : replay, statistiques, animations individuelles et collectives, restauration, achats de produits dérivés et d’accessoires… Toutefois, il ne faut pas oublier que, dans le cas des Jeux Olympiques, l’essentiel des revenus provient des droits de diffusion. Et dans ce domaine aussi, le digital bouleverse la donne en offrant de nouvelles opportunités commerciales aux organisateurs. Le sport attire les diffuseurs, y compris de nouveaux entrants, car c’est une dramaturgie en direct dont on ignore le dénouement. C’est pour cela qu’il suscite tant de passion et d’émotions. Grâce au digital, on peut démultiplier ces émotions en proposant de nouveaux formats, adaptés aux nouveaux modes de consommation et aux exigences des différents publics. Il sera bientôt possible, par exemple, de composer son propre programme omnicanal et de suivre l’épreuve, le pays ou l’athlète de son choix. Et pour les diffuseurs, le numérique offre aussi la possibilité de connaître très précisément son audience, et donc de mieux la cibler et la valoriser auprès de ses annonceurs.

Que ce soit au stade ou sur les écrans, on retrouve la dimension expérientielle qui est au cœur de la transformation digitale. Par leur envergure, les Jeux Olympiques amplifient-ils les tendances  technologiques du moment ?

Tout à fait. Les Jeux Olympiques sont le premier évènement médiatique mondial et ils offrent de ce fait une photographie planétaire sans équivalent de la façon dont le public, les médias et les institutions attendent, consomment et traitent l’information. C’est le plus grand laboratoire imaginable des tendances du numérique. En 2016, les Jeux Olympiques de Rio ont consacré le règne global des réseaux sociaux. Et à PyeongChang, puis à Tokyo, nous allons voir s’affirmer la prééminence du contexte sur le contenu. Désormais, le spectateur veut aussi être acteur de l’événement. Il veut de l’interaction, une expérience plus riche et immersive, des fonctionnalités propres à chaque situation sociale, et surtout de la continuité entre ses différents appareils. Tout cela, seule la prise en compte du contexte d’utilisation le permet. L’ère des médias de masse s’achève et laisse place à celle des médias ultra-personnalisés.

Du point de vue technologique, quels challenges soulèvent ces mutations ?

J’en vois quatre : la continuité, la fiabilité, la performance et la sécurité. La continuité car les Jeux Olympiques produisent de l’émotion et le moindre accroc suffit à briser la magie. « Passion. Connected », le slogan de PyeongChang, renvoie directement à cette nécessité de garantir toutes les connexions – avec et entre les fans, mais aussi en coulisses – pour offrir l’expérience la plus fluide possible. La fiabilité car les Jeux Olympiques n’accordent pas de seconde chance. Tout doit être prêt et fonctionner à l’instant prévu, et la maintenance prédictive, le cloud et la virtualisation sont autant de solutions pour garantir cette qualité de service maximale. La performance car, désormais, tout se passe en temps réel. Il n’est plus question d’attendre les temps, les classements ou les ralentis, et les systèmes doivent répondre à cette exigence. La performance concerne aussi l’organisation, qui doit être plus agile, et, bien sûr, les sportifs eux-mêmes, qui utilisent de plus en plus le big data pour toujours mieux se préparer. Enfin, la sécurité, car les Jeux Olympiques, qui sont extrêmement exposés, doivent être absolument irréprochables de ce point de vue.

Ces enjeux clés sont aussi ceux des grandes entreprises. Dans quelle mesure ce qu’Atos réalise pour les Jeux Olympiques bénéficie-t-il aussi à ses clients ?

Par leur ampleur et leur visibilité, les Jeux Olympiques posent des défis inédits et anticipent souvent les besoins des grandes structures publiques ou privées, que ce soit en termes d’expérience utilisateur, de sécurité et de robustesse des infrastructures ou de modèle de delivery. Les Jeux Paralympiques suscitent aussi des avancées majeures en matière d’accessibilité, de mobilité et d’inclusion numérique. Bref, les Jeux Olympiques sont à l’avant-garde du digital et valident nos solutions du sceau de leur exigence absolue. Atos écrit le futur de ses clients de la même manière qu’il écrit celui des Jeux car tout ce que nous réalisons à cette occasion peut se transposer à des projets d’entreprise classiques. Avec une mention particulière pour les secteurs du sport et du divertissement puisque s’y retrouvent notamment les enjeux liés aux stades et enceintes connectés.

Et pour Atos lui-même, quelles sont les retombées de l’expérience olympique ?

Depuis les Jeux Olympiques de Salt Lake City en 2002, Atos a contribué à l’organisation de plus d’une centaine d’évènements multisports dans le monde entier. Pour nous, c’est chaque fois l’occasion d’appréhender un contexte culturel différent, de nouer des liens avec la jeunesse du pays, et d’enrichir nos équipes de talents exceptionnels venus de tous les horizons. Mais travailler sur les Jeux Olympiques, c’est avant tout une extraordinaire aventure professionnelle et humaine qui vous marque à jamais. L’engagement, l’énergie, la diversité y sont incomparables. Et cette expérience que nous avons la chance de connaître, nous nous attachons à la partager et la transmettre à l’ensemble du Groupe, pour qu’elle soit pour chacun d’entre nous, sur chacun de nos projets, une source d’inspiration.

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Qui est Fabrice Doreau

Head of Strategy de l’entité Major Events d’Atos
Fabrice Doreau est Head of Strategy de l’entité Major Events d’Atos. Fabrice a plus de 10 ans d’expérience dans la gestion des Jeux Olympiques et d’autres événements majeurs. Il est en charge du développement de projets stratégiques et de monter des partenariats pour l’innovation avec des clients, des startups et fonds d’investissements,  des agences média dans le monde du sport, des opérateurs télécom et des influenceurs. Avant de rejoindre l’équipe en charge des Jeux Olympiques, il a développé le marché Sports & Media en France pour Worldline pendant 7 ans. Fabrice est diplômé d’Ingénierie Réseau & Télécoms et de négociation commerciale.

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