L’analytique, pilier de l’agriculture du futur

Comme dans la plupart des secteurs, le numérique est pour l’agriculture un formidable levier d’innovation. Mais, plus qu’ailleurs peut-être, il apparaît comme une réponse à des questions aussi urgentes que fondamentales.

Les diverses filières agricoles sont en effet confrontées aujourd’hui à plusieurs défis, capables chacun d’ébranler des équilibres en vigueur depuis des décennies, voire des siècles : produire en quantité et en qualité suffisante pour nourrir la planète ; préserver les sols, les ressources naturelles, la biodiversité et la santé des populations ; limiter le réchauffement climatique et s’y adapter ; pérenniser le métier des agriculteurs et développer l’emploi. Le point commun de ces problématiques est qu’elles appellent à une profonde remise en question des pratiques culturales, de l’organisation des filières et des circuits de valorisation et de distribution. Et les données peuvent y contribuer de façon déterminante.

Des drones aux satellites, des caméras aux capteurs, la technologie a multiplié ces dernières années les moyens de connaître avec précision la composition des sols, l’état du développement des végétaux ou la position des machines agricoles. Les exploitants ont ainsi accès dans le moindre détail à tous les aspects de leur activité et peuvent utiliser ces informations pour mieux la piloter. Mais, jusqu’à présent, le monde agricole n’a fait qu’effleurer le potentiel de cet afflux de données. Grâce à la puissance et la souplesse des nouveaux outils analytiques et cognitifs, les agriculteurs vont enfin pouvoir en tirer toute la valeur. La connaissance issue du rapprochement et du traitement d’informations d’origine et de nature diverses leur permet dès à présent d’affiner leurs pratiques et de s’adapter à la nouvelle donne économique, réglementaire, sociale et environnementale de leur métier.

À l’image des services proposés par la start-up toulousaine TerraNIS, l’agriculture de précision est naturellement la première bénéficiaire des avancées de l’analytique. Grâce à la plateforme Atos Codex SparkInData, les experts de TerraNIS peuvent désormais exploiter les images du nouveau satellite d’observation de la Terre Sentinel-2 et ainsi aider les agriculteurs à optimiser leurs pratiques culturales, tout particulièrement leurs intrants. Cet exemple illustre aussi la façon dont les plateformes bouleversent les rôles établis et les business models, en l’occurrence, ici, avec la désintermédiation du conseil, qui devient accessible aux exploitants sans l’entremise d’une coopérative ou d’un groupement. Cette importance des plateformes dans la restructuration des filières et des chaînes de valeur a notamment été identifiée dans le rapport Agriculture-Innovation 2025, qui plaide pour la création d’un grand portail national de données agricoles ouvertes. L’Acta et l’APCA ont d’ailleurs initié le mouvement avec API-Agro, qui rassemble, entre autres, les données des Instituts Techniques Agricoles (ITA).

L’analytique peut aussi contribuer au développement de nouveaux modèles de culture conciliant contraintes économiques et environnementales. C’est le cas de la FUL (Ferme Urbaine Lyonnaise), une unité de culture high-tech qu’Atos a aidé à mettre en œuvre. Bardée de capteurs, robotisée et pilotée par la donnée, cette serre-laboratoire maintient de façon autonome des conditions idéales de développement des végétaux. Cet outil innovant permet d’envisager la création de fermes à très haut rendement et très haute qualité en milieu urbain, et de mettre en place des circuits de distribution ultra-courts.

Enfin, l’analytique reste bien sûr un moyen privilégié de la recherche agronomique. Le calcul haute performance, dont Atos est l’un des fers de lance mondiaux, est par exemple indispensable aux travaux de génotypage et de sélection des variétés qui seront capables de résoudre l’équation alimentaire et climatique de demain.

Tous ces projets démontrent cependant que la technologie reste un outil. Pour que le monde agricole s’en empare sans réserve, et qu’émergent les applications et les services innovants qui sauront l’aider concrètement à relever ses défis, il est essentiel de constituer des écosystèmes ouverts et pluridisciplinaires, catalyseurs d’innovation. C’est le cas de l’Agreen Tech Valley qui fédère à Orléans des acteurs de tous les horizons et toutes disciplines agricoles et technologiques. Atos est fier de contribuer à cette initiative qui vise à projeter collectivement toute une région, tout un pays, vers l’agriculture du futur.

Partager


Qui est Christophe Brizot

Directeur de la région Centre Loire Vallée
Christophe est directeur de la région Centre Loire Vallée. Il a plus de vingt ans d'expérience dans l'IT, et notamment dans le management de business units depuis la gestion du commerce et de l'avant-vente jusqu'au delivery. Avant de rejoindre Atos en 2008, il était responsable d'un centre de profit chez Steria pour des activités d'Infrastructure & Data Management sur le marché Telco & Services. Passionné de transformation digitale, Christophe est responsable d'une équipe d'innovation et R&D qui se concentre sur deux verticaux : l'agriculture et les géosciences. Christophe aime particulièrement travailler en écosystème, avec les start-ups et les centres de recherche pour bâtir des solutions disruptives.

Suivre ou contacter Christophe