L’analytique et les lois de l’équilibre électrique


Publié le: Jun 30, 2017 par Franck Freycenon

Comme le savent tous les professionnels de l’électricité, production et consommation doivent être perpétuellement en équilibre. En cela, le secteur se distingue de tous les autres. Si un brasseur produit trop de bière, il peut la stocker, la boire ou même la jeter. Avec l’électricité, c’est différent, et même si on commence à parler de stockage, pour l’instant, la règle reste la même : il faut maîtriser les lois de l’équilibre dans un monde de production continue.

Les énergéticiens ont appris à résoudre ce problème dans le cadre de leurs modèles opérationnels qui, jusqu’à présent, ont toujours été centralisés. Même dans ce cas, équilibrer production et consommation est une tâche qui, pour être routinière, n’en est pas moins complexe. Historiquement, quand les acteurs de l’électricité étaient de vastes monolithes, ils possédaient des équipes chargées d’équilibrer avec précision les entrées et les sorties sur des périodes de temps d’une extrême amplitude : dix ans, un an, six mois, une journée, jusqu’à dix secondes !

Les règles ont changé

Cependant, les compétences et les outils employés à cet effet sont caducs dans un monde où les énergies renouvelables et la production locale jouent un rôle croissant. Maintenant qu’éoliennes, fermes solaires et mini-centrales hydrauliques prennent une part durable et grandissante du mix énergétique, il est devenu beaucoup plus difficile d’obtenir des modèles précis et exploitables opérationnellement.

Des impératifs pratiques

Établir un modèle prédictif de ce paysage électrique recomposé n’est en rien un exercice théorique. Il faut pour cela tenir compte de deux aspects qui impactent directement les opérations, la planification et la rentabilité de l’activité :

  • premièrement, consommer l’énergie là où elle est produite est dans l’intérêt de tous car on minimise les pertes en ligne ;
  • deuxièmement, sans savoir combien d’électricité sera produite et consommée localement, il est impossible de déterminer ce qui devra être réinjecté dans le réseau.

Ce deuxième point est particulièrement important. À moins que l’entreprise, et plus spécifiquement l’opérateur du service de distribution, ne sache précisément anticiper les excédents locaux, la seule façon de s’en sortir, est de procéder à une refonte complète du réseau sous peine d’enregistrer régulièrement des surcharges susceptibles d’endommager les transformateurs et les sous-stations.

Une bonne nouvelle

Par chance, ce besoin de modéliser la consommation et la production électriques locales coïncide avec l’apparition de nouveaux outils analytiques. Selon une étude réalisée par le cabinet Forrester à la demande d’Atos, 31 % des énergéticiens recourent déjà à l’analyse de données pour prévoir la demande et la production et 47 % supplémentaires envisagent de le faire d’ici 12 mois.

« Par chance, le besoin de modéliser la consommation et la production électriques locales coïncide avec l’apparition de nouveaux outils analytiques. »

La réussite de ces nouvelles approches analytiques dépendra de la vitesse, de l’agilité et de la facilité de prise en main des applications. Pour cela, le secteur doit pouvoir compter sur des experts sachant intégrer au mieux les énergies renouvelables locales dans les prévisions de production et de consommation dès aujourd’hui. Il n’est pas question d’attendre cinq ans que leurs prestataires montent en compétence sur l’analytique.

Chez Atos, dans le cadre de notre investissement stratégique dans le framework analytique Atos Codex, nous avons développé des cas d’usage pour nos clients énergéticiens et la précision de nos prévisions dépasse d’ores et déjà 95 %. Ce n’est pas parfait mais c’est possible dès à présent. Et 95 % aujourd’hui valent certainement mieux que 99 % un jour ou l’autre.

Surtout, les techniques que nous utilisons permettent d’analyser les flux de données de l’entreprise ainsi que d’autres fournis par des tiers en temps réel. Il en résulte des gains importants car cela signifie non seulement que nous pouvons tenir compte, par exemple, des conditions météorologiques locales pour davantage de précision et de finesse, mais aussi que les modèles constituent une ressource en temps réel pour un usage métier et opérationnel immédiat. Les analyses ne sont pas produites dans quelque laboratoire lointain et isolé.

Collaborer pour innover

Pour les spécialistes de l’énergie et de l’analyse de données d’Atos, ce n’est que le début. Nous nous concentrons délibérément sur quelques cas d’usage spécifiques afin d’être en capacité d’apporter des réponses concrètes et immédiates à des enjeux métiers aussi réels que pressants.

Citons par exemple la détection de fraude et les nouveaux services de maison intelligente à destination du grand public. Pour les distributeurs d’électricité, la priorité immédiate et évidente est de parvenir à prévoir et équilibrer production et consommation dans un nouvel environnement hybride. Et si c’est une priorité pour nos clients, c’en est une pour nous.

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Qui est Franck Freycenon

Digital Transformation & New Energy Services Business Development Director
Franck Freycenon a débuté sa carrière à l’international dans le secteur de l’IT sur l’amélioration de la performance des SI des Opérateurs Telecoms. Il a ensuite été pendant 10 ans Account Manager chez Orange Business Services pour des clients industriels puis bancaires. En 2011, il entre dans un cabinet de conseil et agence digitale où il gère le développement de la relation avec les énergéticiens et leurs écosystèmes. Franck Freycenon a rejoint Atos Worldgrid début 2015. Aujourd’hui, sa mission est de valoriser la transformation digitale dans le secteur de l’énergie et notre proposition de valeur sur cette thématique. A ce titre, il est responsable du développement commercial de la plateforme sur les nouveaux services dans l’énergie, plateforme résultant d’une initiative globale du groupe Atos dans le Big Data.

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