La défense mise sur l’intelligence des données pour préparer le futur


Publié le: 21 June 2018 par Jérôme Pasinetti

L’information. Depuis l’aube des temps, le guerrier, puis le soldat, sait à quel point sa maîtrise procure un avantage décisif dans les conflits. Elle sert à dissiper en partie le « brouillard de la guerre », décrit par le stratégiste prussien Clausewitz. Des éclaireurs chargés de baliser les itinéraires d’une troupe en marche aux images satellitaires à la précision décimétrique, la donnée s’avère au cœur de la décision militaire, à l’instar de la révolution numérique qui bouleverse les usages dans de nombreux domaines.

 

Un partenariat d’innovation au service de la donnée intelligente

La masse de données générées par les capteurs de plus de plus puissants et par les sources ouvertes (satellites, réseaux sociaux, capteurs de guerre électronique…), l’engorgement des bases de données et l’absolue nécessité de restituer aux usagers (analystes comme décideurs) une information synthétisée, pertinente et actualisée ont conduit le Ministère des armées à lancer le partenariat d’innovation ARTEMIS (Architecture de traitement et d’exploitation massive de l’information multi-source). Son défi est de faciliter l’accès à de nouvelles données, en masquant la complexité d’une telle plateforme et en répondant à de nombreux critères comme la sécurité.

C’est dans ce contexte que ARTEMIS devra répondre aux besoins spécifiques des armées et de leurs métiers, tous concernés par les applications potentielles de l’Intelligence artificielle. Le renseignement ou le combat collaboratif, au cœur du métier militaire, viennent immédiatement à l’esprit lorsque l’on parle de données souveraines, mais c’est aussi le cas, par exemple, pour le maintien en condition opérationnelle (MCO) de matériels ayant atteint des niveaux de complexité inouïe, du service de santé des Armées gérant une population très diverse et géographiquement éclatée, ou encore de la Marine qui doit suivre en permanence des milliers de points maritimes, notamment dans la ZEE (Zone économique exclusive) française, la seconde au monde par sa taille.

De nouveaux usages à la clé

On le comprend, l’originalité d’ARTEMIS est de bouleverser les usages. Pour le Ministère, un des facteurs clés de succès était de rompre avec l’ancien principe « à chaque besoin, son système d’information », pour imaginer une boîte à outils innovante, capable d’adresser de nombreux cas d’usage tout en maintenant un très haut niveau de sécurité dans un contexte d’architecture distribuée. La solution s’appuie pour cela sur des capacités de calcul haute performante et une forge logicielle qui permettra de développer rapidement de nouvelles applications « Artemis compatibles ».

Une infrastructure souveraine

La plateforme offre d’ores et déjà de nombreuses innovations pour : - traiter une grande partie des images que les nouvelles constellations de satellites vont fournir ; - effectuer des actes de maintenance prédictive de plates-formes complexes comme celle du Rafale, en anticipant les changements de pièces détachées pour améliorer le taux de disponibilité des équipements ; - identifier des comportements anormaux dans la masse gigantesque des logs aux différents systèmes d’information, en laissant aux opérateurs les cas les plus complexes ; - fournir une plateforme de renseignement multi-capteurs afin d’effectuer des corrélations non linéaires et mettre en lumière des signaux faibles. Dans un contexte de menaces terroristes, identifier et mieux anticiper les passages à l’acte grâce à ces nouvelles technologies est là encore un défi stratégique.

Ces projets devront répondre à trois critères pour être déployés avec succès : la capacité de calcul, une forge logicielle à l’état de l’art, la connaissance approfondie des métiers et des processus militaires. Et bien sûr, ils devront s’insérer dans une transformation numérique globale des Armées, au service de la sureté du territoire et des citoyens.

Au cœur du partenariat ARTEMIS, Atos apporte, avec tout son écosystème d’innovation, les briques essentielles de cette infrastructure de confiance, comme la plateforme matérielle, les produits de sécurité issus de sa R&D ainsi que la forge logicielle Atos Codex.

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Qui est Jérôme Pasinetti

Directeur du marché Défense France, Atos
Jérôme Pasinetti est le directeur du marché Défense France du Groupe Atos depuis novembre 2017. Diplômé de la Neoma Business School, d’un DESS de management à Paris I Sorbonne et d’une DEA en Sciences Politiques de Paris II-Assas, il a mené une carrière de conseil en stratégie avant de rejoindre le Ministère de la Défense comme fonctionnaire spécialiste des relations internationales. Auditeur de la 68ème session de Politique de Défense de l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale, il est par ailleurs administrateur des think tanks Hestia (sécurité et renseignement) et Téthys – Centre for Strategic and Maritime Affairs. Capitaine de corvette de réserve citoyenne, il a également une expérience d’entrepreneur. Au sein d’Atos, il est chargé d’élaborer et d’animer une stratégie cohérente et pérenne, permettant d’adresser au mieux les enjeux de la numérisation du Ministère des Armées.