La data au service de la prévisibilité énergétique


Publié le: 11 décembre 2019 par Atos

À l’heure de la COP25 à Madrid et face à l’urgence climatique, la nécessité d’un changement des modèles énergétiques est dans toutes les bouches. Comment faire pour activer rapidement une transformation des modèles, construits depuis des dizaines d’années sur l’exploitation d’énergies fossiles ? De même, comment passer de l’exploitation prévisible d’une source d’énergie « stable » à la production d’énergie renouvelable, par essence imprévisible, car dépendante des éléments ?

L’utilisation et le traitement de la data tout au long de la chaîne de valeur, c’est-à-dire de la production d’énergie jusqu’au consommateur, est l’une des clés pour parvenir à adapter le système aux exigences écologiques.

Une production décentralisée

Pour bien comprendre les enjeux liés à l’urgence énergétique, il faut se pencher sur le modèle de production et de consommation de l’énergie qui prédomine aujourd’hui. Le travail d’un énergéticien consiste à produire classiquement une très grande quantité d’énergie et à l’injecter dans les réseaux destinés aux clients finaux qui eux-mêmes ont des courbes de consommation prévisibles. « Ce modèle est un modèle du passé mais reste encore très majoritaire. » explique Franck Chevalley, Directeur du marché Energie & Utilities et CEO Worldgrid chez Atos.

A contrario, le modèle de demain amènera avec lui une production très décentralisée. L’énergie renouvelable étant par essence dépendante des éléments comme le vent ou le soleil, les réseaux de production seront connectés en étoiles et nettement moins facilement pilotables qu’avant. Sans vent, difficile de produire ! Le besoin de prévisibilité est donc beaucoup plus fort qu’avant, et constitue un besoin majeur de la transition énergétique. Le déploiement de systèmes digitaux représenterait donc une aide majeure pour parvenir à mieux prédire - et donc piloter le développement de l’énergie verte.

Des habitudes de consommation de plus en plus difficiles à anticiper

Le second facteur clé de la révolution énergétique réside dans le pronostic complexe des futurs comportements de consommation. Les clients ont en effet de plus en plus tendance à ajuster leur consommation, et à produire eux-mêmes une partie de leur électricité. Ces clients sont appelés prosumers, et bousculent à vitesse grand V le système établi par les énergéticiens. Le gouvernement wallon a décidé à titre d’exemple en novembre dernier de repousser la « redevance prosumer » à 2025 pour les particuliers produisant eux-mêmes leur énergie. Une question qui soulève un débat épineux auprès des énergéticiens belges, qui n’est pas encore résolu.

Et entre les producteurs d’énergie et le consommateur final, se trouvent les réseaux de transports et de distribution, eux-mêmes concernés par les deux volets de la chaîne, et qui doivent s’adapter pour faire face à cette révolution.

Alors, comment faire pour parvenir à gérer un système plus décentralisé, en étoile, et moins prévisible qu’avant ? Comment parvenir à trouver l’équilibre à l’heure d’une offre et d’une demande beaucoup moins linéaires qu’avant ? Le seul moyen, selon Franck Chevalley, est d’obtenir en temps réel des données permettant au système de s’auto-équilibrer. « Concrètement, pour maintenir l’équilibre, il faut pouvoir être capable de récupérer de la donnée au niveau de la production, de la distribution et du client final. Une récupération de données permettrait également de faire des économies d’échelle pour les fournisseurs et ainsi de soutenir la transition énergétique. »

Des avantages financiers et énergétiques

S’il faut s’interroger sur le coût d’une telle transition, il ne faut également pas perdre de vue les avantages financiers apportés par la digitalisation de la chaîne de valeur de l’énergie. Il est aujourd’hui de plus en plus compliqué pour les énergéticiens d’envisager la construction de nouveaux actifs tels que des centrales nucléaires ou des lignes à haute tension. Alors, plutôt que de construire de nouvelles infrastructures techniques, un déploiement massif de données permet de répondre aux besoins de couverture énergétique et piloter plus finement son système. Les énergéticiens peuvent ainsi économiser des dizaines de pourcents par an sur leurs postes d’investissements grâce au déploiement de systèmes digitaux.

En effet, la récupération de la data au sein de la chaîne de valeur énergétique permet une meilleure visibilité sur la consommation, et limite l’apparition de certains phénomènes comme les black-outs ou les pertes d’énergie. L’installation de compteurs communicants permet par exemple de réduire les zones « aveugles » et d’établir une meilleure connexion entre les fournisseurs d’énergie et les clients finaux.

Pour Franck Chevalley, si l’énergie 100% verte à moins de 50 ans reste difficile à imaginer pour de multiples facteurs, il faut néanmoins imaginer dès maintenant des moyens de stockage durables et à l’échelle, car le renouvelable ne constituera pas une source autonome et unique. L’équilibre se trouvera donc entre un stockage des énergies vertes et une digitalisation complète du système permettant d’en assurer l’équilibre en temps réel. Car une énergie 100% verte, c’est une énergie 100% non prédictive, qui nécessite un pilotage d’autant plus fort grâce à la data.

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