Infrastructure cloud : honneur au client !


Publié le: 8 septembre 2017 par Mark Nouris

Quand on parle d'informatique dans le cloud, on évoque avant tout les clouds publics : comment évoluent-ils ? Lequel choisir ? Lequel dominera demain le marché ? Si tous les fournisseurs souhaitent conquérir ce leadership, la bonne question reste : quelle est la meilleure solution pour le client ?

 

Dans un article précédent, nous avons vu comment un engagement total dans le cloud public peut se révéler la bonne option pour certaines organisations, mais pas pour toutes. Les plus grands groupes veulent utiliser les services cloud de leur choix, auprès du fournisseur le plus pertinent, et déployer des applications sur les plateformes les plus adéquates, qu'elles soient publiques ou privées. Un entretien avec Bernd Issler, head of the Atos Strategic Program for Siemens MindSphere Services, m’a permis de mieux appréhender ces différentes options.

Un grand groupe industriel chef de file face au cloud Bernd Issler : l'un de nos clients est un grand groupe international basé en Europe, avec un portefeuille de sociétés industrielles qui se préparent à relever les défis de la transformation numérique. Nous travaillons avec leur service informatique au déploiement d'une infrastructure cloud mondiale porteuse d'innovations et d'économies.

Mark Nouris : Comment ce groupe envisage-t-il le cloud, de façon globale ?

BI : Avec un mélange de vision stratégique et d'exécution pragmatique. Il voit le cloud comme une révolution informatique et comme un moteur numérique puissant pour ses filiales. Il veut rendre l'informatique plus rapide et libérer la créativité en permettant aux utilisateurs de se servir eux-mêmes, tout en se positionnant bien plus bas sur l'échelle des coûts informatiques. Plus facile à dire qu'à faire. Mais le client sait qu'en restant rigoureux dans l'exécution, la chose est possible.

MN : Quelle est la trajectoire du client pour l’année à venir ?

BI : Déployer une approche proactive « cloud d'abord », avec un réseau d’une douzaine de grands clouds privés pour quelques-uns de ses marchés majeurs. Tous les services fournis par la nouvelle infrastructure sont accessibles par l'intermédiaire d'un portail informatique conçu par les équipes internes du client, pour une expérience « one-stop-shop ». Derrière le portail, nous avons intégré diverses technologies et des outils « As a service ». Nous utilisons à cette fin des API bien définis, facilitant l'intégration de nouvelles technologies selon les besoins, sans rupture de qualité pour l’utilisateur. Cette infrastructure accueillera les nouvelles applications natives du cloud, mais le client a également choisi d'embarquer des milliers de serveurs avec les applications existantes.

L'intégration d'applications existantes MN : En général, une approche automatisée est nécessaire pour les grands projets d'intégration, en termes d'outils comme de processus. Quelle est votre expérience sur ce sujet ?

BI : La première étape consiste en un processus formel de qualification et de décision, en collaboration avec les dirigeants. Nous étudions des facteurs tels que l'empreinte de l'application, son fonctionnement avec les autres applications, l’exécution dans le cloud et les exigences en matière de sécurité. Ensuite, l'intégration en tant que telle est principalement automatisée. Les taux de conversions mensuelles et annuelles sont très élevés, grâce à des processus efficaces et automatisés. La plupart des applications sont déployées sur des clouds privés, mais certaines vont sur AWS ou Azure. Le choix de deux prestataires est dans le droit fil de la stratégie de sourcing du client : pas de prestataire unique pour ce qui est stratégique.

MN : De nombreuses sociétés laissent les applications existantes sur l'infrastructure en place. Pourquoi les intégrer ?

BI: C'est un vrai débat. Il n'existe pas de réponse unique. D'après moi, il faut tenir compte de trois points : - L'automatisation : un hébergement traditionnel nécessite habituellement une opération et une administration manuelles. Les clouds fournissent un degré plus élevé d'automatisation, faisant gagner du temps et de l'argent ; - L’élasticité : une application correctement intégrée peut bénéficier de l'élasticité, avec une meilleure performance en période de pointe (par exemple, le traitement de nombreuses demandes en fin de mois) et une consommation de ressources plus faible le reste du temps ; - La massification : la rentabilité du cloud nécessite des économies d'échelle. Selon la situation, l'intégration d'un grand nombre de serveurs peut améliorer l'équation des coûts.

Ce peut aussi être l'occasion d'identifier certaines applications très consommatrices de ressources qui, avec quelques ajustements, s'avèrent moins coûteuses à exécuter dans le nouvel environnement.

Clouds publics et privés MN : Comment le client décide-t-il de déployer l'application sur un cloud public ou de la maintenir derrière son pare-feu ?

BI : La sécurité et la conformité sont bien entendu des facteurs importants, et les clouds privés gardent encore l'avantage en matière de sécurité. Notre client a son siège dans un pays d'Europe, avec une législation rigoureuse en matière de protection des données. De nombreux pays adoptent des lois exigeant une conservation locale des données. Dans certains cas, les applications pourraient avoir besoin de l'élasticité extrême d'un cloud public à hyper-échelle, mais c'est rare. Actuellement, les coûts comparatifs ne sont pas un problème. Les grands clouds privés peuvent aboutir à d'importantes économies d'échelle. Quand on fait la somme de ce dont un cloud public a besoin pour exécuter des applications institutionnelles critiques, la différence n'est pas si grande. Cet état de fait pourrait évoluer et, avec le temps, ce groupe pourrait recourir davantage aux clouds publics.

La gouvernance informatique dans un monde de clouds multiples

MN : Qu'en est-il de la gouvernance ? Comment le service informatique peut-il satisfaire aux exigences d'optimisation et de contrôle, tout en maintenant la flexibilité du choix pour les différentes lignes d'activité ? BI : Pour moi, un catalogue de services unifiés est la pierre angulaire de la gouvernance dans un environnement à clouds multiples. Dans ce projet, le catalogue central de services est une composante majeure de ce que nous avons intégré derrière le portail informatique du client. Tous les services reçoivent la validation du service informatique, mais les clients internes peuvent choisir en fonction de leurs besoins. Le catalogue central des services est essentiel, non seulement pour la gouvernance, mais aussi pour permettre au service informatique de mieux servir les lignes d'activité, au gré de leur progression dans le monde du numérique. MN : Bernd, merci d'avoir répondu à mes questions.

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Qui est Mark Nouris

Global head of the Atos Canopy Orchestrated hybrid cloud business
Mark Nouris dirige actuellement les activités commerciales pour nos offres Atos Canopy Orcherstrated Hybrid Cloud. Avant ça, il était à la tête de la division Infrastructure & Data Management pour le secteur Manufacturing, Retail et Transport dans la région Benelux et Nordiques et s'est occupé avec succès, en parallèle, du compte Phillips entre juin 2013 et fin 2016. Il a rejoint Atos en mai 2011, après 10 ans chez HP où il a occupé différentes positions de management commercial, dont le dernier en temps que directeur commercial pour les activités d'infogérance de HP Services.