Demande, réponse et centrale virtuelle


Publié le: 18 April 2018 par Hélène Schricke

Quand on est impliqué à la fois dans l’IT et le secteur des Utilities, comment ne pas être passionné par les perspectives de l’analytique pour l’activité et les processus opérationnels ? Où que l’on regarde dans le marché de l'énergie, le potentiel est évident tant du côté de l’offre que de la demande. L’analytique va favoriser la flexibilité, en opposition complète avec la rigidité des modèles du passé.

Du côté de l’offre, l’analytique va contribuer de manière essentielle à la gestion des nouveaux réseaux de distribution d’énergie en favorisant l'intégration de la micro-génération.

Du côté de la demande, il permettra la mise en œuvre de modèles de demande/réponse mieux articulés, bénéfiques à la fois pour les Utilities et pour leurs clients les plus énergivores.

Quand une idée ingénieuse se concrétise, on peut trouver une forme de beauté à la logique et à l’élégance qui sous-tendent la solution, et c’est indubitablement le cas pour les centrales électriques virtuelles.

La centrale virtuelle crée de façon claire et indiscutable la valeur partagée qui caractérise les grandes solutions :

  • elle contribue à la flexibilité en aidant à équilibrer offre et demande ;
  • elle apporte des économies immédiates et quantifiables aux acteurs du marché de l'énergie ;
  • elle réduit l’impact environnemental des émissions.

Mais en tant que business technologist, ce que je préfère à propos de la centrale virtuelle est qu’elle n’est possible que grâce à l’IT. Sans la concomitance de l’analyse de données et d’une collaboration ouverte, ce développement remarquable du modèle des Utilities serait tout simplement irréalisable.

Une logique admirable

La centrale virtuelle est rendue possible en transformant une agrégation de données en actions concrètes. La nouveauté est qu’elle repose sur un degré d’ouverture et de collaboration entre les Utilities et leurs grands clients qui n’a pas toujours été évident par le passé.

Les entreprises concernées par ce nouveau niveau de coopération sont, pour le moment, celles qui remplissent les deux conditions opérationnelles suivantes :

  • premièrement, mettre en œuvre des processus extrêmement gourmands en électricité. Dans la sidérurgie ou la chimie, dans la papèterie ou dans l’exploitation de data centers, la facture énergétique constitue une part importante des coûts. Dans la sidérurgie, par exemple, elle représente 20 % à 40 % selon la World Steel Association.
  • deuxièmement, disposer d’une certaine flexibilité temporelle au niveau de la consommation. Autrement dit, est-il possible d’adapter les plannings de production pour tirer parti des tarifs attractifs des heures creuses ?

Si ces deux conditions sont réunies, alors les Utilities et leurs clients peuvent réellement commencer à rechercher des bénéfices mutuels en approfondissant leur collaboration et leur planification.

Pour les Utilities, les bénéfices du modèle de la centrale virtuelle sont clairs :

  • réduction du taux d’attrition sur la clientèle commerciale et industrielle grâce à des diminutions significatives de factures ;
  • amélioration du taux d’utilisation des centrales électriques (réelles) grâce à l’encouragement de la consommation durant les heures creuses et au lissage de la courbe de la demande ;
  • réduction du coût de l’équilibrage du réseau grâce à une meilleure gestion de la congestion ;
  • gain d’une vision en temps réel du marché, nécessaire pour identifier des opportunités liées à la disponibilité et au coût des infrastructures.

Des bénéfices quantifiables

Atos a noué un partenariat avec le spécialiste de la gestion intelligente de l’énergie Energy Pool afin de promouvoir ces approches innovantes d’optimisation de la demande/réponse pour les entreprises industrielles.

Même si cette initiative n’en est qu’à ses débuts, nous en voyons d’ores et déjà les avantages manifestes pour toutes les parties concernées.

Les clients industriels réalisent régulièrement des économies de l’ordre de 2 % à 10 % de leur budget énergétique global. 2 %, cela peut ne pas sembler beaucoup mais quand ces dépenses se chiffrent en millions, même un pourcentage modeste représente vite une contribution significative au résultat net de l’entreprise.

Toutefois, les bénéfices ne sont pas que financiers.

Pour le fournisseur, cette collaboration étroite et cette transparence avec ses clients lui permettent non seulement d’affiner grandement ses prévisions et ses plannings, mais elles lui donnent aussi une base qui lui permet de gérer avec une agilité sans précédent des fluctuations de demande inattendues.

Ceci nous ramène tout droit à l’analytique : meilleure est la donnée, plus grande est l’agilité et moindre est le risque.

Se tourner vers l’avenir

Nous avons vu par ailleurs à quel point l’ouverture devenait critique pour les Utilities afin de nouer avec leurs clients des partenariats de travail plus productifs et collaboratifs.

L’initiative  « Flexmart » d’Atos et Energy Pool met en évidence la façon dont une approche créative de la gestion de la flexibilité intègre le client et en fait un contributeur actif au nouveau modèle de centrale virtuelle.

Si l’on considère le rythme auquel évoluent l’IT et les modèles des Utilities, on peut s’attendre à des innovations continues et significatives dans ce domaine. Ce qui est aujourd’hui réservé aux très grands comptes, par exemple, pourrait demain être proposé à des entreprises de taille plus modeste, voire aux particuliers.

Par nécessité, quantité de grandes entreprises ont également investi dans des unités de production locales afin de garantir la continuité de leur approvisionnement en cas de défaillance du réseau. Nous pouvons commencer à nous interroger de quelle manière ces ressources latentes pourraient devenir des composants actifs des nouvelles centrales virtuelles alimentées aux données, et renforcer un peu plus encore la coopération entre les Utilities et leurs clients.

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Qui est Hélène Schricke

Smart Metering Business Development Manager
Hélène possède près de 30 ans d’expérience dans le secteur Energie & Utilities, et travaille au sein du centre d’excellence Atos Worldgrid. Après s’être fortement investie dans l’intégration de systèmes complexes pour les Utilities, Hélène se consacre désormais principalement au business development autour des smart grids et des compteurs intelligents.