De retour de VivaTech : on a rencontré les startups qui innovent avec l’Etat pour la sécurité-défense

En 2018, le gouvernement français présentait 100 mesures pour les startups à l’occasion du salon VivaTechnology. Beaucoup de ces mesures visaient à encourager et faciliter les collaborations entre les jeunes pousses et les administrations publiques. Un an plus tard, qu’en est-il ? A l’occasion de l’édition 2019, nous avons rencontré trois entrepreneurs qui travaillent au quotidien avec les pouvoirs publics, sur un sujet particulièrement sensible : la sécurité.

S'installer dans la durée et aller vite

Dans le secteur de la sécurité-défense, startups, industriels, scientifiques et institutionnels dialoguent pour le meilleur de l’innovation. Le changement s’opère avec la création d’écosystèmes faisant éclore les pépites et les savoir-faire. Mais cette approche d’intégration ne s’est pas forcément faite en un jour…

Antoine Tournet, co-fondateur avec Roman Luciani de Diodon Drone, qui conçoit des drones gonflables et tout-terrain explique : « Le premier enjeu pour une startup, c’est la crédibilité. Les acteurs étatiques comme les industriels ont besoin de preuves pour être certains de travailler avec les bonnes personnes. Or, une startup incarne toutes les craintes de ces acteurs. On doit prouver qu’on est capable de s’installer dans la durée. »

Deux ans après la création de son entreprise, quelques mois à peine après sa sortie de l’école Isae-Supaéro, Antoine Tournet a pourtant réussi à convaincre le Ministère des Armées de déployer sa solution. « Nous avons pu aller vite grâce à l’écosystème que nous avons rassemblé autour de nous, en particulier le GICAT [le groupement des industries françaises de défense et sécurité terrestres et aéroterrestres] et son programme d’accompagnement Generate. Nous nous sommes énormément appuyés sur ce dispositif pour découvrir l’écosystème : il faut arriver à comprendre rapidement les rouages et le fonctionnement du marché. Pour cela, bien s’entourer et se faire conseiller est essentiel. »

Le GICAT s’est effectivement donné pour mission de promouvoir l’innovation au sein du secteur Sécurité-Défense, en aidant les startups françaises à mieux comprendre ses mécanismes, pour mieux coopérer. Yannick Rolland, Atos, et par ailleurs fondateur du cluster data intelligence du GICAT, souligne : « Nous intégrons les startups, qu’elles soient issues du monde civil ou militaire, en amont des projets, dès la conception de nouvelles offres, et nous les accompagnons à l’export, jusqu’à créer une véritable filière française. Ainsi, nous créons de la valeur. »

De l'importance du réseau et du cas par cas

Lionel Kerrello, le fondateur de Geo4i, propose des solutions innovantes de gestion de l’imagerie satellitaire, intégrant l’intelligence artificielle. Il souligne lui-aussi la nécessité de développer une connaissance fine des spécificités du secteur. Cette TPE de 9 personnes travaille avec des acteurs de la défense en France et à l’international. La plupart de ses membres sont directement issus de ce secteur. « Il faut impérativement s’entourer des gens qui viennent du domaine, avec des consultants qui sont passés par le Ministère des Armées », explique l’entrepreneur. Pour les grands projets, une collaboration avec des acteurs industriels comme Atos s’impose pour le passage à l’échelle.

La startup Linkurious, qui édite un logiciel pour traiter et visualiser les données complexes, a non seulement convaincu l’Armée mais aussi des grands comptes et administrations en France et à l’international : ceux-ci l’utilisent pour lutter contre la fraude financière, combattre le terrorisme ou renforcer la cybersécurité. « Avec les administrations, les processus de vente sont différents, parfois plus complexes, et il faut agir au cas par cas », explique Sébastien Heymann, le fondateur de l’entreprise.

Pragmatisme et déontologie

Les entrepreneurs s’accordent sur un point : le processus de référencement est relativement long mais dès que la collaboration est initiée, les choses peuvent aller très vite. « Une fois passées les barrières de l’organisation, la défense est un marché très pragmatique : l’objectif final est l’efficacité. On doit être capables d’apporter des réponses concrètes et des solutions aux besoins opérationnels exprimés » souligne Antoine Tournet.

« Avoir un accès direct aux utilisateurs finaux nous aiderait à appréhender les besoins, mais cela est parfois complexe à mettre en œuvre dans un contexte de marché public », regrette de son côté Sébastien Heymann, chez Linkurious.

Autant de constats qui poussent des organisations comme le GICAT à sélectionner et parrainer toujours plus de pépites, renforçant la souveraineté numérique française et européenne.

Rendez-vous à la prochaine édition de VivaTech pour les découvrir.


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