Cinq prédictions suite au boom du travail à distance


Publié le: 4 mai 2020 par Atos

Tout le monde en parle : l’essor soudain et massif du télétravail chamboule la logistique quotidienne des entreprises et sème la pagaille dans les mécaniques bien huilées de leurs modes de collaboration. Chez Atos, rompu à l’exercice du home office depuis plus de 10 ans, cette mise au télétravail forcée de toutes les entreprises est l’occasion de regarder au-delà de l’agitation du moment et d’observer les tendances. Quel meilleur contexte pour imaginer les impacts à long terme d’une généralisation de ce nouveau rapport au travail et à l’entreprise ? Aux côtés de Jean-Michel Estrade, Directeur des Ressources Humaines d’Atos France, nous formulons cinq hypothèses crédibles sur le futur de nos manières de collaborer.

Début 2019, 30% des actifs pratiquaient le télétravail en France, de manière ponctuelle avec une moyenne de 7 jours par mois seulement. D’après le Ministère du Travail, ce télétravail n’était officialisé dans le contrat de travail que de 17% d’entre eux. Un an plus tard, face à l'épidémie de covid-19, le chiffre des télétravailleurs vient de grimper subitement - certaines études parlent même de 70% -, sur une amplitude horaire quasi-totale. De quoi faire sauter par la force de nombreux verrous, et crash-tester les craintes des employeurs, dont certaines s’avèrent plus fondées que d’autres. L’occasion également de voir se dessiner les nouvelles manières dont nous travaillerons demain.

Le télétravail va renforcer la confiance entre salariés et employeurs

Dans de nombreuses entreprises, managers et dirigeants associent encore distance et méfiance. Aux États-Unis, les outils de monitoring sont légion pour vérifier l’assiduité des salariés - qui plus est lorsqu’ils sont à distance - traquant leurs clics, comptant leurs mails envoyés et photographiant leur visage. Va-t-on pour autant vers une généralisation de la surveillance pour tous ? Après tout, le marché mondial de la surveillance au travail est estimé à 3,3 milliards de dollars... « Le risque serait de penser que c’est la proximité qui fait autorité » explique le Directeur des Ressources Humaines d’Atos France Jean-Michel Estrade, « Si le climat de confiance préexiste au télétravail, il n’a aucune raison de se déliter avec son arrivée ». De la même manière, « on aurait tort de penser que le télétravail empêche la proximité managériale : c’est la qualité du manager qui compte, pas le mode d’interaction avec lui ». Mieux : il se pourrait que même les entreprises qui vouent un culte au présentéisme aient à gagner de l’essor du télétravail : « Ce qui se passe aujourd’hui est une formidable leçon pour tout le monde : de nombreux obstacles psychologiques cèdent devant l’évidence que les salariés continuent de travailler en situation de télétravail ».

Les bureaux traditionnels devront trouver une nouvelle vocation

À quoi vont bien pouvoir servir les bureaux, si les travailleurs, dont ils rassemblaient hier l’activité, les délaissent ? Difficile de savoir si, une fois l’épidémie de covid-19 passée, les employés vont retrouver leurs openspaces avec plaisir ou défiance. Ni si, à terme, nos bureaux ne vont pas devoir se réinventer pour ne pas disparaître. Dans son étude réalisée début avril, l’opérateur de bureaux flexibles Deskeo estime que 62% des français déclarent vouloir continuer à faire davantage de télétravail une fois la situation revenue à la normale, alors qu’ils étaient 76% à regretter leur bureau lors des premiers jours de confinement. Pour toutes les activités n’impliquant ni présence sur une ligne de production ni mesures de sécurité, tout porte à croire que les murs de l’entreprise vont perdre de leur sens. « De la même manière que l’arrivée de l’électricité avait permis de démultiplier les métiers à tisser alimentés sur un même moteur, la nouvelle révolution technologique que nous vivons va rapidement virtualiser les murs de l’entreprise. » souligne Jean-Michel Estrade. « À terme, le bâtiment physique de l’entreprise deviendra peut-être non plus un lieu de travail et de décision mais un espace pour les rencontres et rituels d’entreprises. Et l’entreprise pourrait alors redevenir un pur projet collectif humain ». Une démarche essentielle quand on sait que l’essor du télétravail a fait baisser le sentiment d’appartenance à leur entreprise chez 57% des télétravailleurs.

Nos foyers ne vont peut-être pas évoluer pour autant

Dans certaines entreprises rompues au télétravail comme Atos, l’employeur propose déjà de co-financer l’équipement professionnel du travailleur à domicile. Demain, chaque foyer sera-t-il équipé d’une pièce de bureau au loyer payé par l’employeur ? « C’est surtout une question de place qui va se poser, explique Jean-Michel Estrade. Dans les régions à forte tension, cela imposerait de repenser la manière dont on conçoit et structure les logements. Par ailleurs, concentrer le travail au foyer peut conduire à un risque d’isolement des travailleurs, et générer une trop grande porosité entre vie personnelle et professionnelle ».

Heureusement, qui dit télétravail ne dit pas forcément travail à la maison. En temps normal, le télétravail est plébiscité par 55% des adeptes non pas pour rester chez soi mais pour limiter ses temps de transport. Demain, les lieux de télétravail vont se diversifier pour inclure des lieux “tiers”, gérés par l’entreprise ou pas. « On assiste progressivement à une satellisation des espaces de travail, avec de nouveaux espaces professionnels plus proches des logements de chacun, utilisés à la consommation, partagés avec d’autres entreprises, etc. Le nombre de dispositifs imaginables est incroyable, mais ce qui est sûr c’est qu’on va vers un nouveau rapport au temps et à l’espace ».

Le télétravail va challenger notre capacité à nous déconnecter

Concernant la séparation entre vie personnelle et professionnelle, l’essor du travail à distance va devoir nous réapprendre à travailler de manière désynchronisée et à respecter les temps de repos des uns et des autres. Les français seraient ainsi plus de 70% à trouver la période propice à la réflexion sur leur équilibre de vie pro/privée. « Il reste beaucoup de chemin à faire sur le droit à la déconnexion : psychologiquement pour beaucoup d’entre nous, être injoignable oblige à admettre que l’on n’est pas indispensable, de là à conclure que notre employeur peut se passer de nous… ». Un pas difficile à franchir dans un contexte de travail marqué par la compétition.

À circonstances exceptionnelles, télétravail exceptionnel. De ce contexte atypique, difficile de tirer des conclusions définitives, et pourtant, impossible de croire que la période ne va pas laisser des traces et modifier en profondeur le regard que nous portons sur nos habitudes de travail respectives. Heureusement, tout porte à croire que la confiance dans le modèle et la bienveillance entre individus viendront avec la pratique, s’ils n’existent pas déjà…

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