Pleins feux sur les micro-clouds de l’Internet des objets


Publié le: 29 March 2017 par Mike Smith

Depuis un certain temps déjà, je peux lancer mon chauffage le matin sans quitter la tiédeur de mon lit. Ceci grâce à une combinaison de terminaux, de capteurs et d’une infrastructure matérielle, logicielle et réseau qui, réunis, offrent un service des plus commodes. Quel progrès !

 

Les micro-clouds de l’Internet des objets (IoT Micro-Clouds) qu’évoque le titre de cet article sont une expression nouvelle. Nous l’avons créée spécialement pour Journey 2020, la publication de la Communauté scientifique d’Atos, afin de décrire le futur de l’IoT. Mais qu’entendons-nous par là ?

Notre vision du futur est celle d’un monde d’appareils et de services connectés distribuant des informations utiles, ayant des interactions étroites et créant de la valeur. Étant donné les communications complexes, parfois en temps réel, que cela supposera, nous estimons toutefois qu’un modèle de cloud ordinaire ne sera pas toujours suffisant ou approprié.

Cloud local vs. cloud central

Le cloud actuel, avec ses services pour la plupart centralisés dans des data centers lointains, va évoluer. Pour faciliter la communication entre les divers capteurs et objets, notre analyse est qu’il sera nécessaire de mettre en place des infrastructures de proximité de type cloud. Par exemple, pour des raisons de sécurité ou de confort, les voitures seront de plus en plus amenées à « parler » entre elles lorsqu’elles seront au voisinage les unes des autres, créant ainsi d’éphémères clouds locaux dynamiques.

Ces « micro-clouds » auront certainement une forme de passerelle vers le cloud centralisé évoqué précédemment. Ainsi, certains traitements s’exécuteront localement tandis qu’il sera plus pertinent d’en effectuer d’autres de façon centralisée sur des données agrégées. En outre, ce cloisonnement en « cellules » facilitera le passage à l’échelle de l’infrastructure. 

De notre point de vue, la passerelle devra présenter des propriétés spécifiques, davantage de puissance de calcul par exemple, et sera gérée par un ensemble de contrôleurs logiques en s’appuyant sur des concepts comme les réseaux à base de logiciel. Elle pourra ainsi héberger des traitements virtualisés et aider tout un ensemble d’objets à agir, interagir et coopérer. Il en résultera un système autonome qui constituera en soi l’application IoT.

L’urgence d’un standard

Le micro-cloud pourra – et devra – aussi protéger les données et contribuer à mettre en œuvre une supervision et une gestion efficaces du cycle de vie logiciel. Mais tout ceci dépend largement de la rapidité avec laquelle émergera un standard pour les objets connectés. Les constituants de l’IoT ont vocation à être peu coûteux et très robustes, aussi ne serait-il pas très pertinent d’avoir à procéder à des mises à jour système et au déploiement de correctifs.

À vrai dire, nous voyons déjà des prémices de cette approche dans le domaine de la domotique que j’évoquais en introduction. De nombreuses solutions commerciales s’appuient sur un hub qui gère et pilote plusieurs appareils au sein de la maison : chauffage, éclairage, verrouillage des portes, systèmes de surveillance… L’information est ensuite communiquée à un référentiel central, facilitant la commande à distance.

« Le terme micro-cloud englobe l’ensemble des capteurs et objets connectés, la passerelle vers d’autres services cloud et l’infrastructure réseau qui permet à ces appareils de converser. »

Quel intérêt ?

Dans ce modèle, des décisions rapides peuvent être prises localement et conjointement par les appareils impliqués. Imaginons par exemple deux voitures sur le point d’entrer en collision : elles peuvent s’entendre pour s’éviter. C’est un peu comme le système nerveux humain : le corps dispose de centres réflexes locaux et de capacités de réponse plus réfléchies, centralisées et contrôlées par le cerveau. Ici, le cerveau est le service cloud centralisé et les terminaisons nerveuses, les objets de l’IoT.

La sécurité est un autre bénéfice. L’impact dévastateur d’une utilisation malveillante de centaines de milliers, et bientôt de millions, voire de milliards, d’objets connectés a déjà pu être constaté. Les clouds locaux, avec une sécurité intégrée aux passerelles, constituent une parade. Enfin, si, pour une raison quelconque, l’infrastructure IoT n’a plus accès au cloud centralisé, elle sera plus résiliente et autonome s’il s’agit d’un micro-cloud.

Selon moi, le terme micro-cloud englobe l’ensemble des capteurs et objets connectés, la passerelle vers d’autres services cloud et l’infrastructure réseau qui permet à ces appareils de converser. Soit un environnement autonome. Ou presque, car ce n’est sans doute pas tout à fait aussi simple, notamment si le réseau emprunte une vaste infrastructure bas débit dédiée à l’IoT comme LoRa ou Sigfox. Mais cela fixe les idées.

J’espère avoir clarifié notre vision de ce que sont les micro-clouds de l’IoT et de l’importance qu’ils revêtent à nos yeux. Nous en verrons certainement de plus en plus en entreprise et pas seulement pour me réchauffer les pieds.

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Qui est Mike Smith

Chief Technology Officer, Distinguished Expert et Membre de la Communauté Scientifique et Membre de la Communauté Scientifique
Mike travaille dans l’IT depuis plus de 20 ans, à designer et mettre en œuvre des infrastructures complexes pour soutenir des applications critiques dans le public comme dans le privé. Chez Atos, il pilote la roadmap technique, l’adoption de nouvelles technologies et accompagne les communautés d’architectes techniques et de consultants. Par le passé, Mike a occupé des rôles techniques et de management chez British Rail, Sema Group et Schlumberger. Il a une fille et un fils, tous les deux fans de tout… Sauf de technologie ! La passion de Mike pour le sport s’en tient à Test Match Special, bien qu’il soit aussi fier que jaloux du talent de son fils pour le hockey.

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