Les plateformes de données mutualisées, tremplin vers les territoires intelligents


Publié le: 11 juin 2017 par Philippe Bouchet

Débordant de plus en plus des limites de la ville, le concept de Smart City concerne aujourd’hui toutes les collectivités qui aspirent à déployer des services numériques innovants au bénéfice de leurs administrés. La mutualisation des moyens numériques sous forme de plateformes de données constitue une réponse pertinente aux coûts de tels projets mais aussi un puissant catalyseur pour cette nouvelle étape de la modernisation des territoires.

 

Avec les lois MAPTAM puis NOTRe, le périmètre et les attributions des collectivités ont fortement évolué. Aux côtés des régions, des départements et des municipalités, les intercommunalités se sont largement développées, accélérant la mise en commun de moyens et de solutions à l’échelle de bassins de population. Qu’il s’agisse du développement économique, de l’attractivité (au sens large) ou de la qualité de vie au quotidien, l’exercice de nombreuses compétences territoriales passe – ou pourrait passer – par la mise en œuvre de services numériques intelligents. Destinés aux citoyens ou aux agents, ils permettent par exemple de fluidifier la circulation en facilitant la recherche de places de parking, de renforcer la tranquillité et la sécurité en anticipant les troubles à l’ordre public, ou de réduire la facture énergétique à l’échelle de la ville ou d’un quartier grâce à l’utilisation de tableaux de bords multi-flux (eau/gaz/électricité) permettant un suivi efficace des consommations.

Des possibilités démultipliées, le coût aussi

Les données nécessaires à ces applications sont pour l’essentiel recueillies sur le terrain via les objets connectés (capteurs son, images, thermique… etc). À cela, peuvent s’ajouter les réseaux sociaux, sur lesquels les habitants expriment leurs remarques, leurs avis ou leurs doléances. Par rapport aux informations présentes dans les systèmes informatiques traditionnels, les possibilités sont démultipliées. Mais le coût l’est également. Si bien qu’entre le déploiement des capteurs, des réseaux de communication, des infrastructures de traitement et le développement applicatif, seules les plus grandes villes peuvent aujourd’hui assumer les investissements que réclament les projets aboutis de Smart City ou plutôt « Smart territory ».

Or, le principe de mutualisation, courant pour un gymnase ou une station d’épuration, peut aussi s’appliquer aux ressources informatiques. Pour accélérer le développement des services intelligents sur leur territoire, les collectivités ont ainsi tout intérêt à réunir leurs moyens pour se doter d’une plateforme de données commune. La démarche ne doit toutefois pas être seulement guidée par une recherche d’économies mais par l’objectif de proposer un service unique et continu sur l’ensemble du territoire desservi, comme par exemple une recherche de parking sur plusieurs villes, ou des services spécifiques aux agriculteurs utilisant les données d’images satellites (projet SPark’in Data chez Atos). La solution comportera alors quatre volets : la collecte des données, leur stockage et leur mise en forme, leur traitement à travers un modèle d’analyse, et enfin la diffusion des résultats auprès des utilisateurs ou « places de marché » sous forme d’application mobile, de tableau de bord ou d’alerte.

« Les plateformes de données apparaissent comme une formidable opportunité de renforcer la coopération et de préparer conjointement l’avenir. » 

La plateforme, un actif de long terme

Si un cas d’usage partagé peut être le déclencheur de l’investissement, la plateforme n’en demeure pas moins un actif de long terme pour les collectivités concernées. Sa pérennité, son évolutivité et sa neutralité sont essentielles car les différentes parties prenantes doivent avoir la possibilité de l’utiliser pour développer de nouveaux services, que ce soit avec leurs partenaires ou sans eux. Par ailleurs, l’infrastructure peut aussi constituer le socle d’une politique d’ouverture des données publiques (open data), susceptible de stimuler l’écosystème local d’innovation digitale et de répondre aux nouveaux usages des habitants.

Ainsi, au-delà de la raison économique qui incite les collectivités à mutualiser leurs ressources, les plateformes de données apparaissent aussi comme une formidable opportunité de renforcer la coopération, de préparer conjointement l’avenir et d’envisager une utilisation de la donnée plus transverse et à plus grande échelle. Elles constituent par conséquent un accélérateur privilégié du décloisonnement et de l’innovation que réclament aujourd’hui des territoires de plus en plus interdépendants et des citoyens de plus en plus mobiles.

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Qui est Philippe Bouchet

Client Executive en charge des Collectivités territoriales et de l’Education, Atos
Philippe a plus de trente ans d’expérience dans l’IT et secteur public, et a occupé plusieurs postes de management d’entités opérationnelles et commerciales. Ainsi, après un début de carrière au sein de Bull,  Philippe a pris  la direction d’une filiale du groupe Alten, puis le pilotage d’une business unit au sein d’Atos Intégration, après un passage par Schlumberger-Sema. Philippe est diplômé de l’Université Paris VI, avec un doctorat en  géologie expérimentale (télédétection).

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