Drones : passer de la curiosité aux bénéfices


Publié le: 8 octobre 2015 par Hubert Lespinasse

Véritable phénomène médiatique, les drones suscitent intérêt, crainte ou perplexité. Pourtant, au-delà du buzz, ils représentent une solution nouvelle de collecte de données de terrain. Qu’il vole, roule ou navigue, un drone n’est en définitive qu’un capteur mobile et autonome. Dans un environnement économique où l’information est un bien précieux, la curiosité devrait vite céder la place aux applications créatrices de valeur. À condition d’avoir industrialisé les processus…

 

L’essor des drones s’inscrit dans un double mouvement de fond : l’intérêt croissant pour les données géo-spatiales, notamment via les SIG, et l’explosion des applications analytiques, symbolisée par le Big Data. Par leur capacité à couvrir à faible distance et à petite vitesse des périmètres étendus ou difficiles d’accès, les drones civils légers enrichissent la panoplie des outils de recueil d’information, tour à tour plus efficaces, plus précis ou plus riches que les moyens existants.

Outre des gains directs de productivité (une campagne de quelques heures peut remplacer plusieurs jours de relevés manuels), les données récoltées, injectées dans les systèmes opérationnels ou décisionnels, peuvent apporter toutes sortes de bénéfices : optimisation des opérations, maîtrise des risques, intelligence économique… Pour les analystes américains qui tirent de précieux enseignements de l’observation du remplissage des cuves de pétrole à Cushing, dans l’Oklahoma, comme pour le groupe BTP ou minier qui économise des centaines de milliers d’euros de carburant en optimisant le pilotage de ses engins, l’image aérienne est déjà une donnée capitale !

« Malgré des limitations (autonomie, vulnérabilité aux conditions météo, restriction de l’accès aux zones habitées…), la législation et la technologie permettent de se lancer sans attendre. De plus, la rapidité de mise en œuvre facilite les réalisations expérimentales. »

En revanche, le coût de l’exploitation industrielle et récurrente de drones exige d’élaborer des cas d’utilisation véritablement créateurs de valeur. Pour tous les acteurs (constructeurs, opérateurs, experts métier, donneurs d’ordre…), l’enjeu est donc d’imaginer et de bâtir les chaînes de valeur qui permettront d’exploiter ce potentiel. Il va s’agir en particulier d’apporter à l’utilisateur l’information sous une forme qu’il comprend et sait appréhender, ce que peine à faire une filière encore largement tournée vers la technique.

D’emblée, les drones apparaissent donc comme un outil cœur de métier. À ce titre, l’ensemble du processus opérationnel et technologique doit être industrialisé pour apporter les niveaux de service et les bénéfices escomptés. On retrouve alors des problématiques familières des professionnels de l’IT : gestion et sécurisation des données, transmissions, workflows étendus (jusqu’à des opérateurs offshore pour la reconnaissance d’objets, par exemple), applications…

« Le volume des données à traiter constitue cependant une spécificité. Les supercalculateurs ont ainsi un rôle crucial à jouer, de même que les plateformes Cloud de mutualisation de données, comme SparkIndata, les opérations de structuration des données (datalift), et les outils de diffusion (portail, SOA…), pour apporter aux utilisateurs une information facilement et directement exploitable. »

Grâce à une législation pionnière et un écosystème dynamique où se côtoient start-up, grandes entreprises utilisatrices, et instituts publics et de recherche, la France est très bien placée pour être à l’avant-garde de cette révolution. Présent de longue date aux côtés des acteurs du monde aéronautique et spatial, aux problématiques similaires, et des grands donneurs d’ordre, Atos est en mesure d’apporter toutes les ressources et l’expertise technologiques nécessaires à l’industrialisation de l’utilisation des drones et à l’expansion de cette filière d’avenir.

 

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Qui est Hubert Lespinasse

Solution Architect
La carrière d’Hubert se partage entre la conduite de projets, l’architecture logicielle et l’expertise autour de la géo-information, pour les grands noms de l’industrie française. Il explore actuellement l’industrialisation de l’usage des drones civils dans la continuité de ses activités avec  le CNES, Airbus DS GEO ou Météo France (« un drone est un satellite qui vole bas »). Il a notamment assuré la création et le suivi industriel du catalogue des images des satellites SPOT depuis le début des années 2000, soient 45 millions de scènes de la Terre couvrant 100 milliards de km².  Il a accompagné la réalisation de l’écosystème de services géospatiaux associés, précurseurs de la transformation numérique actuelle. Sa pratique privée du vol à voile puis de l’aviation légère depuis 20 ans l’ont familiarisé avec le monde aérien. Hubert est diplômé de l’Université de Technologie de Compiègne.